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BIOGRAPHIE |
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Mario Campo est né le 27 mars 1951 de père sicilien et de mère québécoise. Il a vécu 17 ans dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, dans une maison de deux étages sur la rue Pie IX entre les rues Rouen et Hochelaga. La maison avait été achetée par son grand-père Giuseppe Campo - qui vivait au rez-de-chaussée ; Mario disait qu'il aimait l'entendre jouer du violoncelle dans la cave. Mario a un frère - Bertrand, né en 1960, et une soeur - Linda, née en 1961. Le père - né Arturo, préfère se présenter sous le nom d'Arthur. Jusqu'au début des années 60 il est adepte de motos, et fait partie d'un club ; il y a une photo de lui sur sa moto, avec le petit Mario assis sur le guidon. Mais par après il devient strict et pratique, et se range en ouvrier dans une usine de textile. Son plan pour Mario ? Qu'il se trouve une bonne job dans une grosse compagnie internationale. Mario a d'autres idées. Il restera marginal et rebelle toute sa vie ; son premier acte de défi contre l'autorité étant de refuser d'aller à l'église catholique le dimanche matin. Son frère Bertrand nous explique, “Mario était brillant et avait des bonnes notes à l'école, mais il n'aimait pas suivre les règles”. Il ajoute que Mario est bon en dessin, et par la suite il prendra des cours de dessin plus tard au collège. |
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Comme tous les jeunes en 1964-1965, Mario n'échappe pas à l'Invasion Britannique des Beatles, Rolling Stones, Kinks, Animals et Yardirds, et fréquente ce qu'on appelait les P'tits bals yé-yé au Centre Paul-Sauvé. Les groupes québécois de l'heure tel Les Excentriques, César et ses Romains, les Hou-Lops / Têtes Blanches et Les Chanceliers, s'y produisaient. Mais son groupe fétiche demeure les Stones, dont il vénère le guitariste Keith Richards. Sa blonde qui l'initie au sexe porte de longs cheveux blonds comme son autre idole du groupe ; "c'était comme si Brian Jones avait des gros seins," expliquait-il. |
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La musique rock demeure une constante dans la vie de Mario ; son ami Lucien Francoeur raconte : |
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“Campo, moi et Laurent Tourigny - frère du poète François - avions l'habitude de nous réunir dans le sous-sol des parents de Laurent dans l'est pour boire du vin rouge, fumer des joints et écouter des albums. La dernière rencontre a eu lieu dans la semaine de sortie de New Morning de Bob Dylan (19 octobre 1970). Nous étions perplexes : nouvelles voix, chansons plus simples...mais on avait aimé ! Mario moins, je crois” |
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À cette époque Mario commence à écrire, mais ne montre rien de ses écrits. Il termine péniblement son secondaire en l'année de révolte 1968. Il quitte la maison à 17 ans et loue une chambre minable. Il survit en quêtant, vendant des fleurs en plastique qu'il a fabriqués ; il vend également de la drogue à l'occasion. Deux mois plus tard il part pour le Greenwich Village à New York où il découvre la Beat Generation, il traine au fameux Peace Eye Bookstore, et assiste à un spectacle du groupe culte Velvet Underground. Il part ensuite pour Vancouver, devient junkie, et se rend aux festivals rock d'Atlantic City et de Woodstock. |
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De retour à Montréal il partage un logement avec des musiciens, et se mêle au milieu anglophone. Vers 1972 il cesse de vivre en commune. Il recommence à écrire et il vit avec une femme deux années de suite - une période de conflits. Au moment de leur rencontre elle n'écrivait pas. Elle a commencé à écrire sous l'influence de Mario. Maintenant elle ne veut plus qu'il écrive ! C'est la rupture.
En plus des poètes décadents du 19ème siècle et des Surréalistes, Mario a été influencé par la musique rock. En 1972, l'époque est aux T-Rex, Bowie et autres New York Dolls - la phase “Glitter/Glam” - voir, androgyne. À cette époque Mario traine au café Golden, et aussi chez Peters, où il se déguise parfois en femme, avec rouge-à-lèvres, mini-jupe et bas résilles afin d'exciter les hommes d'affaire bedonnants.
François Tourigny l'introduit aux poètes Paul Chamberland et Lucien Francoeur, ainsi que les frères Hébert, animateurs de la revue Les Herbes Rouges. Mario alors voit ses textes publiés dans Hobo Québec, puis en 1978 La Nouvelle Barre du Jour publie son premier livre “féministe” l’Anovulatoire. En 1979 c'est la parution de Coma Laudanum dans la collection dirigée par Lucien Francoeur publiés aux éditions de l’Hexagone, recueil regroupant textes divers écrits durant les sept dernières années. Dans son entrevue parue dans le livre Sous le signe du phénix (Fulvio Caccia, Les Éditions Guernica, Québec, 1985), Mario explique : |
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“Pour Coma Laudanum ça été différent. Ces textes me tenaient à coeur depuis des années. Quand Francoeur m'a approché, j'avais pratiquement tout le matériel. Il me restait seulement la dernière partie à écrire. Le recueil se divise en trois parties. La première regroupe les textes écrits depuis 1972, l'époque où je me suis remis à écrire. La seconde a été écrite à Saint-Jean-de-Dieu (l'asile psychiatrique d'alors). J'étais à ce moment-là avec une fille; on se piquait beaucoup; elle y est d'abord entrée ; ensuite, des amis m'y ont fait entrer; j'ai été là deux semaines, sous observation. Je me sentais également observateur. J'étais assez bien et j'étais là aussi pour ne pas la laisser seule. Ça m'a fait beaucoup penser à Vol au-dessus d'un nid de coucou. La section intitulée Infernement a été écrite là, derrière les murs, dans cette ambiance de psychiatrie et avec tout ce qu'ils ont essayé de me faire. Moi je refusais ; il y avait des engueulades avec les médecins. À ce moment-là, je lisais beaucoup Artaud. À cette époque, je faisais beaucoup d'expérimentation, entre autres de la magie noire, de l'ésotérisme. Enfin, la dernière partie reflète déjà une autre approche. J'avais envie de m'en aller vers une poésie plus réaliste, plus lisible, les deux premières parties du recueil exigeant déjà un travail de décodage de la part du lecteur.” |
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À la fin des années 70, Mario voyage beaucoup avec sa compagne Danielle Fontaine - ils visitent le Mexique, incluant les sites Maya, puis l'Italie. Ils visitent également les îles grecques, puis aboutissent en Égypte après une escale à Chypre. Là, notre dandy en pantalons serrés de cuir noir, bottes pointues et écharpe rouge excite des loubards turcs circulant en auto. C'est de justesse qu'il échappe au viol. En Égypte, Mario et Danielle font le tour de la pyramide de Gizeh à dos de chameau. Ils visitent la Vallée des Rois, puis se séparent. Mario fume du hachich en continu. Il s'habille en djellaba avec turban et entre à la mosquée à l'heure de la prière. Grâce à son teint foncé - hérité du sang tunisien de ses ancêtres - on le prend pour un Égyptien. Dans l'autobus on lui adresse la parole en arabe. Pour lui c'est un choc culturel. La journée débute au Caire, puis se termine dans un bar à Berlin est. |
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En 1980 Mario tombe sous l'influence Punk. Ses textes deviennent plus percutants, et sont maintenant accompagnés de photos : musiciens punks et Mario en cuir et lunettes fumées. Parfois ses textes sont présentés dans un contexte graphique, ou formés par découpures des titres d'articles de journaux. Empruntant le style “trash” des “Fanzine Punk” , il confectionne une brochure qu'il intitule “Insomnies Polaroïds”. C'est au printemps 1980 qu'il fait la connaissance d'Alan Lord, auteur-guitariste qui vient de terminer l'album Le retour de Johnny Frisson pour leur ami commun Lucien Francoeur. Au cours de cette année charnière, Mario participe à l'Après Midi de la Poésie au Cégep Rosemont, et rencontre l'écrivain Suzanne de Lotbinière-Harwood - avec laquelle il aura une relation tumultueuse. Ses textes sont publiés dans l'Anthologie de la poésie francophone, des éditions Le Castor Astral en France. |
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Cependant, Mario devient profondément exaspéré par le microcosme de la poésie québécoise. À l'occasion de l'Après Midi de la Poésie , au lieu de lire ses textes, il fait boule de la feuille de papier qu'il a en main, et la lance au public avec dédain, parmi rires et sifflements. |
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Depuis un bon bout de temps Mario est en avance sur La Modernité. Il est déjà en phase Post-Punk - où il fait l'expérience d'exploration tout azimuts, comme font les groupes Public Image, Joy Division, Cabaret Voltaire et Throbbing Gristle. Mario veut sortir des gonds de l'écriture et s'éclater dans un monde de performance, théâtre provocateur, vidéos, synthétiseurs et ordinateurs. Bref, il veut être absolument postmoderne ; les textes qu'il produit de 1980 à 1983 utilisent des termes issus de la technologie de pointe de l'époque. |
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Inspiré de son voyage à Berlin en 1980, où Mario a eu la chance de visiter les deux côtés du Mur - est et ouest - il présente au mois de septembre 1982 à la galerie Véhicule Art une pièce de théâtre-installation “Berlin Blocus Haemoglobin”. Pour l'occasion, l'espace de la galerie est scindé en deux par un mur qui sera couronné de barbelés - tout comme à Berlin. Après avoir visionné, du côté décadent de “Berlin ouest”, la bande vidéo d'une performance de Noise Guitar de Alan Lord - entrecoupée de scènes de Mario qui se pique avec seringue, le public est invité à traverser le mur vers “Berlin est”. Mais pour passer à l'autre côté - plus austère du Mur - il faut d'abord avoir un “passeport”, et c'est là que le public doit faire face à la bureaucratie soviétique. La première est un succès, et quelques invités se rendent chez Bernard Gagnon pour célébrer. Par contre, moment donné Mario cherche à se suicider, et cela fera tout un émoi pour les convives ; ce ne sera ni la première, ni la dernière fois. |
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Au mois de novembre - toujours à la galerie Véhicule Art - dans le cadre de l'exposition Art par ordinateur, Alan Lord reproduit des textes de Mario avec graphiques sur languette de papier imprimée en continu à partir d'un ordinateur de poche. Cette bande de textes et d'images longe le mur sur son périmètre, pour revenir au point de départ à la fin de l'exposition qui va durer une semaine. Mario est parmi les convives au vernissage, lorsque la languette numérisée est lancée en appuyant sur la touche “Enter”. |
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Grâce à Véhicule Art, Mario et Alan font connaissance des Néoistes réunis autour de l'artiste provocateur Istvan Kantor alias Monty Cantsin. Mario et Alan se joignent à eux et participent aux évènements du 6ème Festival d’Appartement Néoiste en février 1983. En juin, ils participent à “L’arche de Noé” une performance Néoiste crée à Sherbrooke. Pour le festival d'appartement, Mario présente chez lui sa performance “Brain Washing”, pour laquelle il “mime un mari qui rentre du travaille et s'installe devant le téléviseur”.
Par la suite Mario décroche un baccalauréat en traduction à l'Université de Montréal, mais il finit par sombrer dans une vie solitaire au Castel Rosalie - minable bloc d'appartements au 3429 rue St-André, peuplé de putes camées et de vieillards sur “le BS”. Il passe ses journées arrosées de bières bues en continu, et écoute ses disques de rock et punk à fond la caisse à 3 heures du matin. Les tentatives de suicide se succèdent, son ami Alan saute régulièrement dans un taxi aux petites heures du matin pour tenter de le raisonner. Mario restera seul et désoeuvré pour la plupart de la décennie, sans aucune activité artistique ou texte à l'horizon. Par contre, pas un seul milliardaire sur la planète ne peut se payer tel luxe : le matin, tandis que tous partent au boulot après avoir avalé en hâte leur petit déjeuner, Campo lui, languit dans son bain en lisant Baudelaire, avec du Bach ou Chet Baker en fond sonore. |
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Mario sort de l'ombre pour Ultimatum le Festival de poésie urbaine tenu aux Foufounes Électriques™ en mai 1985. Mario déclamera son texte “Arabesques” sur un fond musical d'inspiration arabo-andalouse, fournit par le groupe “ Débris”, avec Zilon au synthétiseur et voix lancinantes (invité spécial). Cette prestation est immortalisée sur le disque vinyle 33 tours produit à l'occasion du festival. On peut entendre des extraits de ces enregistrements sur les ondes des radios étudiantes du Québec.
Au printemps 1987, Mario est invité aux “Mardis d’Ultimatum”, soirées de poésie/performance aux Foufounes Électriques™. N'ayant aucun texte récent à lire, Mario raconte tout simplement sa dernière tentative de suicide ratée, cette après-midi même. Lorsqu'il attache la corde pour se pendre à la lampe du plafond et se lance du haut d'une chaise, la lampe se désolidarise du plafond et il la prend en pleine face. Les jeunes qui forment l'assistance trouve l'histoire drôle et s'esclaffent. |
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Un jour, l'inattendu devient réalité. Mario a un emploi à l'agence de voyages Nouvelles Frontières. Il est même un employé modèle. Embauché par un ami d'enfance, René Thuot, Mario se révèle être un agent de voyages très efficace. Il adore l'emploi et travaille 70 heures par semaine. Il est toujours volontaire pour remplacer un employé malade ou absent. Il n'arrête qu'à midi pour boire ses “deux grosses molles” à la taverne. À midi, Mario ne mange pas. D'ailleurs, il mange très peu en général. Mais il boit. L'alcool c'est sa vie. L'alcool c'est sa femme. Mario n'était pas un écrivain alcoolique, mais plutôt un alcoolique qui écrivait. Entre la poésie et la bouteille, la priorité est sans équivoque.
Peu à peu, Mario se remet à écrire. “Le Délire” - texte intense, qui déballe pêle-mêle mésaventures sentimentales, récits de voyages, provocations d'anar et ébats sexuels détaillés, le tout entrecoupé de foudroyantes observations philosophiques. Ce texte débridé se classe aux côtés d'Une saison en enfer et Les chants de Maldoror. Parallèlement, Mario s'entête à traduire “The Evening Sun Turned Crimson” de l'ancien compagnon “Beat” Herbert Huncke rencontré à l'occasion du festival Ultimatum. Le projet est abandonnée lorsqu'il apprend que quelqu'un d'autre se consacre à cette tâche.
Au mois de juin 1988 Alan loue un appartement au Castel Rosalie, afin d'être plus près de son ami le plus cher à l'occasion d'une période de désoeuvrement. Bientôt, ils sont rejoints par un troisième compère - Jean Dubé de ,(La Société de Conservation du Présent) qui lui aussi vient de prendre quartiers dans le “Losers Palace”, appelé communément “Môtel des perdants”. Bonheur de l'ivresse d'aller chez Campo lui arracher la page toute fraîche du Délire. De la lire à voix haute en s'esclaffant ! Mais un jour, comme les autres chez Mario, Alan lui demande où il en est avec le Délire. Après avoir fouillé l'appartement de fond en comble, Mario réalise que le manuscrit a été inséré par mégarde dans la vieille pile de journaux qu'il a mise aux poubelles plus tôt dans la journée. Alan se précipite au sous-sol, où il récupère le précieux manuscrit dans les ordures domestiques. Après ce grand frisson, il photocopie le manuscrit et garde soigneusement chez lui une copie de sécurité. |
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À l'automne 1988, Mario décide de profiter de ses avantages en tant qu'employé de Nouvelles Frontières et prend l'avion pour Paris avec un billet gratuit. Après Paris il se rend par train à Bruxelles, puis Amsterdam. Les zones Red Light des capitales l'attirent. Maintenant qu'il en a les moyens, il se paye des putes tout le long de son trajet. Par manière de précaution contre les infections de toute sorte, Mario explique qu'il s'est soigneusement lavé la bite au savon dans les chiottes du train.
Son seul regret durant son voyage à Paris ? Il n'a pas réussi à trouver la tombe de Baudelaire au Cimetière Montparnasse. Au mois de janvier 1989, Alan, qui passe par Paris avec Vent du Mont Schärr, revient avec un polaroïd de la fameuse tombe, que Mario affichera fièrement sur le mur de sa piaule.
Au mois de mai 1989, Mario, Alan et Caroline sa futur femme partent pour la France. Alan et Mario errent joyeusement dans les rues de Paris. Alan l'emmène voir la tombe de son cher Charlie, où Mario déclame de mémoire “La vie antérieure”, en calant un six-pack de Kronenbourg 1664. |
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La veille de la Saint-Jean 1989, Mario rencontre la chanteuse Réjane Bujold, avec laquelle il partagera le reste de sa vie. Il lui écrit des textes pour ses chansons, et de temps en temps ils entrent en studio, laissant derrière eux une trainée de cassettes et de CD, dont “Le ciel est blues” de Bujold. Mario écrit beaucoup de chansons, et parfois même enregistre des démos sur lesquels il chante et joue de la guitare, mais ses efforts en musique sont rarement écoutables.
Vers 1992 Mario décide d'arrêter de boire pendant environ un an. Il se consacre sérieusement à l'obtention d'un certificat d'enseignement de niveau secondaire. Mario a relaté qu'en tant qu'enseignant suppléant il avait un excellent rapport avec les jeunes - surtout les indisciplinés - ils le respectent dès qu'ils réalisent que Mario est un des leurs. Mais Mario étant Mario, le jour où il doit passer sa dernière entrevue auprès du conseil du jury de la Commission des écoles catholiques de Montréal, la démarche pédagogique qu'il préconise en matière de religion ne tarde pas à exploser dans une tirade anti-catho d'ivrogne déchaîné. Le matin de l'ultime étape pour l'obtention du certificat d'enseignement, Mario a décidé de se remettre à boire. Et boire. Parmi ses nombreux talents, Mario est un virtuose dans l'art du sabordage. |
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“Le Délire” de 2000 à 2002 est en ligne sur le site web Disinfomedia. Grâce à ce nouveau media Mario rencontre Max Arnaud-Bianchimani - qui habite en France. Max prend la relève en affichant “Le Délire” sur son site web “Rouscaille-story” de 2003 à 2006, avant de le publier en 2004 dans sa collection Nouvelles-story.
À partir du mois d'avril 2003 jusqu'à sa fin, Mario contribue fidèlement au Steak Haché - poézine fondé par Denis Vanier et Richard “Jack Drill” Gingras, propriétaire de la librairie Le Chercheur de Trésors, en juin 1998. Mario ne manque jamais les lancements mensuels où il lit souvent ses textes.
Au mois de mars 2004, lors d'une chicane de ménage, Mario frappe Réjane, la police est appelée et Mario se retrouve en prison. À sa sortie il débarque chez Alan. Selon les conditions de sa libération, il ne peut pas voir Réjane pendant deux semaines, ni boire, ni trainer dans des bars. Alan, qui est en béquilles depuis janvier, et avec son fils Nico qui à 3 ans est en phase de se réveiller la nuit en hurlant, ne peut pas l'héberger. Alan propose de payer l'hôtel, mais Mario refuse et repart dans la neige. Réjane racontera plus tard que Mario a été violent avec elle à maintes reprises, et que finalement elle en a eu marre et elle a appelé la police.
En avril 2004, Alan - toujours en béquilles - invite Mario et leur ami commun le compositeur Bernard Gagnon voir le show de Kraftwerk au Métropolis; ce sera la dernière fois que les Trois de l'est seront ensemble. Cet été là, Max Arnaud-Bianchimani rend visite à sa fille, qui habite Rivière-des-Prairies, et Max et Mario font enfin connaissance.
Mais finalement, Alan et Mario se brouillent fin avril 2005 et rompent une amitié de 25 ans.
En octobre 2005, Mario apprend qu'il a le cancer de l'œsophage. Traitements de chimiothérapie et radiation se succèdent, mais début janvier 2006 sa condition se dégrade rapidement. C'est seulement assis dans son fauteuil qu'il arrive à trouver le sommeil. À 11:40 du matin, mardi le 31 janvier, il envoie un dernier courriel à Danielle Fontaine: |
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Je récupère lentement de la radiothérapie. Beaucoup de mes médicaments ont été changés. Je récupère assez bien. Mais j'ai eu deux crises, dont une où vomi du sang. Maintenant tout semble sous contrôle. J'ai hâte de me remettre à la création (chansons et nouvelles littéraires). Présentement, j'étudie un logiciel de création de site Web.
À bientôt...
Ma blonde cendrée Réjane vous salue |
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Ce soir-là, Mario en a assez d'agoniser et veut en finir. Il avale une poignée des pilules de Réjane pour réduire sa pression sanguine. Il meurt autour de 20 heures dans son fauteuil. Finalement, Mario aura réussi son suicide.
Son corps est incinéré le samedi suivant (4 février 2006).
Mercredi le 8 février Caroline annonce à Alan que Mario est décédé. Alan reste incrédule. Il appelle Réjane et lui demande des explications. “Qu'est-ce que tu veux dire que Mario est mort ?” Elle lui explique que Mario lui avait expressément interdit de le mettre au courant de son cancer.
Dans le jours qui suivent Alan fait part de la nouvelle à tous ceux qui connaissaient Mario, et organise le 23 février 2006 une soirée à sa mémoire au Chercheur de Trésors rue Ontario.
Parmi les invités qui sont présents à cette soirée sont Paul Chamberland, Antonio d'Alfonso, Paul Bélanger du Noroît, José Acquelin, Alain-Arthur Painchaud, Bernard Gagnon, Richard Gingras, sa conjointe Hélène, ainsi que les habitués du Steak Haché. Pierre Zovilé photographie l'évènement.
Le 5 avril Réjane, son amie Paule, et Alan se rendent au Repos Saint-François d'Assise (“Le cimetière de l'est”), y rencontrent son frère Bertrand avec son épouse, et enterrent les cendres de Mario dans le plot de la famille Campo.
Réjane remet tous les manuscrits, papiers, documents informatisés et autres archives à Alan, qui par défaut devient le gardien des oeuvres de Mario Campo. |
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En 2013 Alan compile et donne à Lucien Francoeur une copie de ce qu'il croît être les oeuvres complètes de Mario Campo. Lucien en parle à Bernard Pozier des Écrits des Forges, et celui-ci annonce son intention de publier les Oeuvres poétiques complètes de Mario Campo. Entre temps, en fouillant dans les boîtes héritées, Alan se rend compte qu'il est loin d'avoir compilé ses oeuvres complètes, car il trouve “Le Délire” II, ainsi que d'autres textes difficiles à dater et classer.
En janvier 2016, Alan Lord et Pierre Zovilé mettent en ligne le présent site web dédié à la mémoire de Mario Campo, à l'occasion du dixième anniversaire de sa mort le 31 janvier.
FLASHBACK : Noël 2004 : À propos de rien, Mario se tourne vers Caroline et lui annonce “Je sais que ma vie aura été minable et ridicule”....
Non Mario, non. C'est tout le contraire. |
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